On ne nous dit pas tout !

mercredi 5 avril 2023

Le complotisme se construit partir de deux présupposés. D’abord que tout dans le monde est nécessairement doté d’un sens déterminé, que le hasard n’y existe pas, que tout ce qu’il contient et la façon dont il est supposé fonctionner relève d’une explication. Ensuite que tout ce qui y survient découle d’une intention, d’une volonté qui peut en être rendue responsable, et à qui on peut le cas échéant demander des comptes. Ce qui constitue à la fois une négation radicale du réel et de ses singularités échappant à toute possibilité d’explication, mais constituant néanmoins le fondement de toute réalité. Et donne la possibilité de décharger le ressentiment qu’on éprouve du fait de cette radicale incomplétude du monde sur des figures qu’on y institue comme boucs émissaires responsables de celle-ci.
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Par Bloom

Les brèves dans Tribune

Pas de confusion !
(4 avril 2026)

Ce qui distingue radicalement le doute du soupçon est que le premier questionne la vérité, quelque figure qu’elle adopte, alors que le second questionne au nom de celle-ci. Le premier est (…)

Une vanité mal placée
(1er avril 2026)

L’homme, globalement, pense peu, et ça a toujours été le cas. Parce qu’il est globalement peu singulier et que penser est fondamentalement singulier. Et puis pour le plus grand nombre il s’agit (…)

Figures imposées
(31 mars 2026)

On ne cède ni on ne renonce à l’exercice d’un pouvoir. Soit on le délègue parce qu’on a réussi à exercer un pouvoir plus étendu, qui l’englobe. Soit on le perd parce que quelqu’un l’a pris et nous (…)

Moutonnerie
(28 mars 2026)

La forme la plus basse de l’indignité est finalement de céder à la médiocrité au seul prétexte qu’elle est partagée par le plus grand nombre. Celle de l’instinct grégaire. — Par BLOOM