Des effets du troupeau

samedi 19 août 2023

L’effet du nombre sur les groupes humains est double. D’abord il nivelle autour de ce qu’ils présentent de plus commun, et donc il uniformise, par la seul effet de la quantité. Mais comme chacun finit par se trouver trop indifférencié par cette uniformisation, il sécrète des ressentiments identitaires poussant chacun à se particulariser a n’importe quel prix, et à vilipender l’autre auquel il se trouve trop génériquement semblable afin de se persuader d’être encore sujet là où de fait il n’est plus qu’agent.
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Par Bloom

Les brèves dans Tribune

Une vanité mal placée
(1er avril 2026)

L’homme, globalement, pense peu, et ça a toujours été le cas. Parce qu’il est globalement peu singulier et que penser est fondamentalement singulier. Et puis pour le plus grand nombre il s’agit (…)

Figures imposées
(31 mars 2026)

On ne cède ni on ne renonce à l’exercice d’un pouvoir. Soit on le délègue parce qu’on a réussi à exercer un pouvoir plus étendu, qui l’englobe. Soit on le perd parce que quelqu’un l’a pris et nous (…)

Moutonnerie
(28 mars 2026)

La forme la plus basse de l’indignité est finalement de céder à la médiocrité au seul prétexte qu’elle est partagée par le plus grand nombre. Celle de l’instinct grégaire. — Par BLOOM

Sénilité
(25 mars 2026)

Faire tourner l’adversité à notre profit, comme moyen d’exercer notre puissance singulière, nous l’avons désappris, nous vieux européens. Parce que nous ne sommes même plus capables d’entendre (…)