Victimes et bourreaux

samedi 22 janvier 2022

Une des inconséquences les plus graves et les plus dangereuses découlant du victimisme contemporain triomphant revient à considérer que toute victime, du seul fait de sa reconnaissance en tant que telle, se trouve nécessairement porteuse du Bien. C’est-à-dire à transposer systématiquement le dommage subi, relevant a priori du droit, en certificat de moralité inattaquable. Ce qui amène assez souvent à encenser des victimes qui ne valent guère mieux que leurs bourreaux et sont susceptibles de devenir les bourreaux de demain. Ce qui par ailleurs ne modifie en rien le fait que ceux d’aujourd’hui continuent à relever du droit pour les actes qu’ils ont pu commettre.

— 
Par Bloom

Les brèves dans Tribune

Les conseilleurs ne sont pas les payeurs
(25 avril 2026)

On dit avec raison que la peur est mauvaise conseillère. Parce que c’est un sentiment désagréable, inconfortable, dont on cherche à se débarrasser au plus vite, et par conséquent par des moyens le (…)

Le bâton sans la carotte
(22 avril 2026)

Le remords est le bâton qu’on se donne à soi-même lorsqu’on a suffisamment intégré les règles qu’impose la morale commune, et qu’on se sent obligé de suivre. C’est la voix du maître qui parle en (…)

Encore un espoir déçu !
(18 avril 2026)

On pourrait être tenté de voir une profonde sagesse dans le fait que l’espèce humaine mette en place systématiquement les conditions de sa disparition, et ce en dépit des nombreuses alertes (…)

Examen préalable de moralité
(15 avril 2026)

Au sujet de toute quantification d’ordre moral il faut se demander qui l’établit, sur quels critères, afin de savoir exactement à quoi elle sert dans l’organisation globale de l’exercice des (…)