Les mirages de la gratuité

samedi 1er juillet 2023

Le geste gratuit, qu’il ait des effets bénéfiques et plus encore s’ils sont dévastateurs parce qu’il entraîne alors une réprobation générale qui en augmente un peu plus la pureté, nous fascine parce qu’il se donne pour l’expression achevée du libre-arbitre absolu, du détachement au regard de tout intérêt et de tout motif. Mais ce que nous croyons être alors gratuit n’est que ce dont nous sommes incapables de percevoir les inévitables contraintes et donc les motivations cachées. Ce que nous appelons gratuité n’est que notre myopie vis-à-vis des contraintes de divers ordres qui conditionnent incontournablement les comportements de chacun. Un pur fantasme qui aimante notre désir à la mesure de son impossibilité.
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Par Bloom

Les brèves dans Tribune

Pas de confusion !
(4 avril 2026)

Ce qui distingue radicalement le doute du soupçon est que le premier questionne la vérité, quelque figure qu’elle adopte, alors que le second questionne au nom de celle-ci. Le premier est (…)

Une vanité mal placée
(1er avril 2026)

L’homme, globalement, pense peu, et ça a toujours été le cas. Parce qu’il est globalement peu singulier et que penser est fondamentalement singulier. Et puis pour le plus grand nombre il s’agit (…)

Figures imposées
(31 mars 2026)

On ne cède ni on ne renonce à l’exercice d’un pouvoir. Soit on le délègue parce qu’on a réussi à exercer un pouvoir plus étendu, qui l’englobe. Soit on le perd parce que quelqu’un l’a pris et nous (…)

Moutonnerie
(28 mars 2026)

La forme la plus basse de l’indignité est finalement de céder à la médiocrité au seul prétexte qu’elle est partagée par le plus grand nombre. Celle de l’instinct grégaire. — Par BLOOM