Ce qui motive nos excès

samedi 6 mai 2023

Notre problème principal tient à ce que nous voulons disposer d’un sens déterminé, à tout moment et pour tout ce qui survient dans le monde. Et si possible qui nous convienne, c’est-à-dire à la fois qui corresponde à nos croyances et qui nous soit favorable. Quitte à le forcer à se manifester par la brutalité et la bassesse. Rien ne nous insupporte plus que le hasard, qui nous rend nous-mêmes hasardeux, tant quant à ce que nous croyons être qu’à ce que nous prétendons décider. Et nous sommes prêts à tous les excès pour tenter de nous en délivrer. C’est même sans doute la seule motivation nous poussant à en faire, tant nous sommes à la fois veules et paresseux.
— 
Par Bloom

Les brèves dans Tribune

Pas de confusion !
(4 avril 2026)

Ce qui distingue radicalement le doute du soupçon est que le premier questionne la vérité, quelque figure qu’elle adopte, alors que le second questionne au nom de celle-ci. Le premier est (…)

Une vanité mal placée
(1er avril 2026)

L’homme, globalement, pense peu, et ça a toujours été le cas. Parce qu’il est globalement peu singulier et que penser est fondamentalement singulier. Et puis pour le plus grand nombre il s’agit (…)

Figures imposées
(31 mars 2026)

On ne cède ni on ne renonce à l’exercice d’un pouvoir. Soit on le délègue parce qu’on a réussi à exercer un pouvoir plus étendu, qui l’englobe. Soit on le perd parce que quelqu’un l’a pris et nous (…)

Moutonnerie
(28 mars 2026)

La forme la plus basse de l’indignité est finalement de céder à la médiocrité au seul prétexte qu’elle est partagée par le plus grand nombre. Celle de l’instinct grégaire. — Par BLOOM