Binarisations

samedi 28 août 2021

Notre monde est pris dans une double entreprise de binarisation, matérielle et culturelle. La première du fait de la numérisation de la quasi-totalité des flux d’information qui est opérée sur une base binaire, le bit. La seconde du fait de la moralisation systématique de tous les objets culturels, matériels et symboliques, qui réduit peu à peu leur valorisation aux seuls prédicats de bien et mal, éliminant toute nuance dans les appréciations et jugements qu’on peut former les concernant. Ce qui conduit à une communautarisation de la culture qui ne fonctionne plus que par oppositions tranchées et face-à-face multiples. Ces deux processus de binarisation se font écho et renvoient désormais en miroir l’un à l’autre, la binarisation matérielle, du fait de l’immédiateté et la généralisation des échanges qu’elle permet, favorisant le développement accéléré de la binarisation culturelle et celle-ci exigeant l’extension du développement de la première pour propager le plus efficacement possible ses opinions. Comme un processus auto-entretenu de viralités jumelles et réciproques.

— 
Par Bloom

Les brèves dans Tribune

Etais
(13 mai 2026)

Les mensonges ne dénaturent pas le monde – sa supposée vérité n’est qu’un mensonge qui a mieux convaincu, donc mieux réussi, que les autres – mais le font tenir debout et fonctionner à peu près. (…)

Un signe qui ne trompe pas
(9 mai 2026)

La marque de la puissance : en toute circonstance trouver – créer ? – le prétexte à se surmonter. — Par BLOOM

Un autre type de selfie
(6 mai 2026)

Le « roman » autobiographique est à la littérature ce que le selfie est à la photographie, un sous-produit narcissique de la consommation culturelle de masse qui prétend à une qualité qui lui fait (…)

Douce violence
(2 mai 2026)

Nous sommes devenus à ce point impuissants qu’il nous faut désormais justifier tout usage de la violence par une cause morale. En oubliant que toute morale est déjà la formalisation, au moins (…)